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Nom du blog :
pahcommelesautres
Description du blog :
Tartempion
Catégorie :
Blog Humour
Date de création :
20.08.2007
Dernière mise à jour :
26.10.2009

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Tentative d'écrits

Les clichés font toujours de remarquables clichés.

Publié le 26/10/2009 à 18:39 par pahcommelesautres
Les clichés font toujours de remarquables clichés.
La cigale ayant chanté tout l'été,
et la fête venant de se terminer,
il était temps de rentrer...à regret.

Il avait fait chaud,
la soirée baignait d'une langueur mono...rime.

Elle avait bien commencé,
on parlait, se bousculait, riait,
vous vous êtes éloignés,
tandis que la souris que j'étais,
guettait.

L'appât-rition du chat.

Une partition de regards échangés, de détournements d'yeux plus tard...

La souris joue le va-tout,
et passe devant le matou.

Qui sort les griffes,
et sourit :
"Où t'esquives-tu de la sorte ?"

"Je m'échappe quelques instants" répondis-je d'une voix féline.
Charivari.
J'avais réussi.

Mais ce chat...fouin
était peu enclin,
à voir son festin
partir au loin.


Il m'avait tendu un guet-apens.
Il savait que je devais repasser par cette porte,
porte pour laquelle il s'était entretemps pris d'affection.
Il me la tenait ouverte, sourire carnassier aux lèvres,
je me jetais dans la gueule du loup,
en sachant mes chances moindres sur ce coup.

À peine franchie,
que j'étais prise au piège.
En cage. Cage de bras.
Contre sa cage thoracique.
Cage au lait.

...

À regret, il était temps...de rentrer.

...

Le calme de la nuit est interrompu.
Sonnerie de téléphone fracassante.
allô ? - pourquoi tu m'appelles ?
where are you ?
outside. - ça ne te regarde pas...
what are you doing ?
I'm on the way...to the Rhine. - arrête...
are you making fun of me ?
not at all...I really want to see the sunrise... - je n'ai pas à me justifier.
are you alone ?
no. - laisse-moi tranquille maintenant.
ok.
... - raccroche.
be careful.
ok. - arrête avec tes stupidités...
...
... - pourquoi tu ne raccroches pas ?
I...
bye. - alors je le fais.


Elle m'a raccroché au nez / Il m'a appelée.
... Pourquoi ? ...
... Je sais pas. ...



La nuit se finissait.
La clarté revenait prendre le flambeau.
Ce soleil qui flamboyait, petit à petit,
par étincelles,
mirabelles,
nous rendait vivant,
amant, aimant, existant.
Dans cette ville,
où tout le monde dormait,
sauf nous.
Jouissant de la beauté du monde.
Tout-puissant.
Sentiment.










Merci A. pour la photo.


Un peu de vie.

Publié le 28/06/2009 à 10:44 par pahcommelesautres

Le déni.
Pas déni Roussos, non, juste le déni.
L'une de mes pathologies.
Ou alors, la pathologie.
Non !
Une nuit, un anniversaire à fêter, beaucoup trop d'alcool, comme en de telles circonstances.
J'écris sous alcool peut-être, mais sous mal de tête très certainement. Tiens, le déni se fait moins fort, quand un étau vous oppresse la cage réfléchissante.
Il est déjà trop tard pour rentrer, pas de bus, de métro avant une heure, soit le temps qu'il nous faut pour rentrer à pied, allez, motive toi, camarade.
Au bout de 30 minutes de marche rapide sous un soleil charmant, il craque, veut s'asseoir au plus vite, qu'à cela ne tienne ! Dans un quart d'heure, le prochain tram, mouais. Et comme dans un rêve éveillé, à 8 heures du matin, une gentille mamie, avec un tailleur très fleuri débarque. Nous parle. Presque envie de lui dire "on n'a pas encore dormi, vous savez." Pas le temps. Elle prend le prochain bus pour aller faire une croisière sur le Rhin. Elle a l'air d'une enfant. Ses yeux sont couleur Rhin. Elle nous raconte sa vie. Deux jeunes filles à côté d'une mémoire vivante. À 8 heures, le dimanche matin. Sous un soleil de plomb. Dieu existe ?
"Vous étudiez ici ?"
"Oui."
"Ma fille a étudié à Cologne. Le jour de son bac, elle a dansé avec tous ses professeurs, elle était si jolie. Et elle dansait avec un garçon surtout. Mon mari - il est mort - avait dit que peut-être...Mon mari avait une usine, vous savez, il est mort. Alors, elle a fait de brillantes études...Mon mari est mort. Et elle aurait du reprendre l'usine, mais je lui ai dit de ne pas gâcher sa vie avec ça. Je pouvais vivre avec mes propres richesses...Mon mari est mort. Et vous savez ? Elle s'est mariée avec le jeune homme du jour de son bac ! Mon pauvre mari qui est mort...Et ils ont des enfants ! Oh y a mon bus..."
"Nous vous souhaitons une excellente jour..."
"Et maintenant, ils jouent au foot ensemble !"
"née..!"
8h20,
on a capté un morceau d'Histoire,
il faisait beau,
c'était de l'éphèmére,
j'espère que sa croisière sur le Rhin sera inoubliable,
comme cette femme l'a été pour nous. Plaisir simple.
Ou comment aimer, agripper, saisir la vie, la vraie.

Les prêlats se prélassent dans le pré-là. Ce pré, las des prêlats.

Publié le 30/04/2009 à 12:00 par pahcommelesautres
Le dernier verre - Allez, tu montes chez moi ? -
celui qui est plein de promesses,
qui aura ce goût sucré, qui nous enivrera de bonheur...
Et qui, après une semaine,
quelques années,
se transformera en dernier café,
souvent très amer,
histoire qu'il se marie au goût de la douleur.


(Balthazar, le hasard)
Il s'est moqué de moi,
il a commencé par me faire boire mon dernier café.
Un cappucino.

Vous n'avez pas cette terrible impression, Jean,
vous déménagez pour moi,
on a beau habiter la même ville sans jamais se croiser,
je pars à cause de vous,
on quitte cette ville,
et nous nous croisons ailleurs.
Toujours.

L'heure de la dernière minute.

Publié le 31/10/2008 à 12:00 par pahcommelesautres
19/10/08, aux alentours de 19h30 dans un paysage mobile.
(sale manie de dater des traces que l'on a faites sur un papier, pour quoi au juste ?
pour que, quand on relira et trouvera cela terriblement médiocre, on trouve cette excuse de c'était "il y a longtemps" ?)


Vous savez ce qu'est l'ennemi incontesté de la dernière minute ? L'emploi du temps. Ce vil castrateur qui se permet de débiter notre temps dans des cases. Jamais étriquées, jamais trop vastes ; toutes de la même taille. La victoire de la rigueur sur la fantaisie. Pas question d'en rire. Notez d'ailleurs que l'assonance "rieuse rigueur" écorche la bouche. Rugueuse.
Tandis que la dernière minute, l'insidieuse Petite, chasseur devant l'Éternel, nous apporte ce shoot d'adrénaline qui nous manquait, nous fait trembler d'être à sa merci.
On ne sait pas de quel côté elle tombera, après tout, l'excitant est qu'elle tombe, peu importe la face.
Pile à l'heure.
Elle tombera lorsque son heure sera venue. D'ailleurs, je songe à un titre, un beau titre : L'heure de la dernière minute. Je préfère les maillons à la chaîne. Il est plus joli - selon mon goût de l'esthétique - de dire : "T'as pas une minute ?" plutôt qu'un impersonnel "Vous avez l'heure ?" ... "S'il vous plaît !" Je l'avais oublié. Oublier d'être poli, ah la bonne heure ! En voilà une hypocrisie. Ce n'est pas que j'avais oublié, non, c'est juste que je n'en avais pas envie à cet instant précis. Je m'aperçois avec regret - il est beau ce mot, il me fait penser à rejet. Et je préfère rejetter que regretter - que j'ai perdu le fil...des minutes. La dernière qui fait notre coeur s'accélèrer, qui fait les autres crier, sermonner, hurler un "Dépêche-toi" injurieux, qui nous fait sourire à l'idée qu'on n'est maître de rien. Une impuissance voulue, provoquée. C'est la dernière minute qui tranchera et je jure que j'ai même le temps d'aller m'en laver les deux mains. Avec du savon, qui plus est. La dernière minute ?
C'est celle que j'ai utilisée pour ne pas avoir à rédiger de phrase finale.



La goutte d'eau est tombée, le train est parti, les poils se sont hérissés à ce contact extérieur, le soleil éblouissait, le temps continuait de nous faire vivre.

...Le temps est parti, le soleil est tombé, les poils éblouissaient, le train s'est hérissé à ce contact extérieur, la goutte d'eau continuait de nous faire vivre.

Trop pour être honnête.

Publié le 02/10/2008 à 12:00 par pahcommelesautres
Appréciant sans plus la science-fiction et aimant être un saumon,
je remonte le cours de mes goûts reçus, auxquels je tords le pied douloureusement.
J'espère amasser 5 points grâce à cet essai.

Après une longue errance, au bas mot une vingtaine d'heures dont plus de la moitié en sieste, j'arrivai enfin. Où ? Si seulement quelqu'un pouvait me le dire. Tout autour de moi n'était que désolation ; rappelez-vous que c'est de la science-fiction.
Par une soudaine intuition et parce que mes forces semblaient soudain évaporées,
je saisis la première poignée à portée de main, et ouvrit le restant d'une porte.
Qu'elle ne fût pas ma surprise de trouver salle comble de congénères ! D'authentiques êtres humains à mon image ! Je rectifie ma prétention : à l'image de l'être divin, qui, paraît-il était beau comme Tel. Je m'approchais prudemment et réfléchissais à toute vitesse sur la conduite à adopter : L'enveloppe humaine était bien là, mais la lettre ?
Je me lançais :
"Bonjour !"
Seul le silence me répondit, et soyons honnêtes sa réponse en cet instant, ne valait pas grand chose. Peut-être ma pensée n'avait-elle pas franchi mes lèvres comme cela arrivait dans des situations gênantes ?
"BONJOUR !" dis-je en majuscules.
Un mouvement diffus, quelqu'un se détâcha du groupe et se dirigea vers moi, l'air passablement dérangé.
"Pourquoi tu dis ça ?" me demanda-t-il.
Voilà qu'il fallait parler, mais en plus expliquer le choix de ses mots :
"Parce que je viens d'arriver...et qu'il est de coutume de dire "bonjour" tout simplement..." Même dans un monde post-apocalyptique, on peut être poli, merde alors !
Il eut un bref rictus :
"Non, tu ne peux pas dire ça. Tu ne peux plus."
"Mais ! Pourquoi ?" m'indignai-je. Au haussement de mon ton, toute la masse se dirigeait maintenant vers nous.
"Si on a lancé ce gaz mortel dans la région, c'est pour que les gens comme toi ne nous insultent plus à nous dire "bonjour". Si tu persistes ainsi, on te tuera !"
Je m'éloignai, horrifié par ce que je venais d'entendre. Aussi pris-je mon sang-froid à deux mains pour rétorquer :
"Je ne savais pas c'était considéré comme un affront. Je crois qu'il est préférable que je m'en aille maintenant...merci."
J'avais à peine articulé ce dernier son, que tous s'étaient jetés sur moi.


Je m'appelais Pierre et mon grand malheur a été d'être poli.

Histoire drôle d'amour ou drôle d'histoire pour un amour.

Publié le 22/08/2008 à 12:00 par pahcommelesautres
J'alterne les morts et les amoureux, mais ne mélange jamais les deux, ah ça non ! On ne mélange pas les torchons avec les serviettes.

Soit F, la fin d'une relation (-tion) amoureuse.

Bien avant F, il y a les SMS languissants, qui expriment l'urgente nécessité de se revoir. Naturellement, chacun possède sa vie et ses obligations de travailler pour se sustenter.
Pour illustrer ma démarche, exemple :
15h, la pression est retombée dans le restaurant.
Entre la cliente qui s'étonne qu'il y ait du café dans son café liégeois et le client qui désirait de la glace parfum melon, en fait non, caramel, mais non, j'ai dit framboise, le patron est resté parfaitement stoïque. Ou ce que l'adrénaline procurée par tous ces "coups de bourre" successifs, permet de faire.
Une fois retombée, il n'a plus qu'à se rendre compte qu'il a été utilisé comme un pantin, et décide d'inverser la vapeur.
Il appelle ses fournisseurs et jappe au téléphone que l'un lui a vendu de la viande daubée et l'autre des fruits pourris. "Venez voir par vous-mêmes !" C'est à nouveau lui le patron, fier de son autorité.
Il s'approche de moi, tout enorgueilli et me demande sur le ton de la blague :
"Et toi, t'as des problèmes à régler ? Si ton copain t'a quittée, j'y peux rien moi, hein !"
Petit rire de circonstance, et le voilà déjà à l'assaut d'un illusoire Olympia pour son one-man-show, juste avant de redevenir un pantin, quelques heures plus tard.
Un exemple qui s'est étendu et qui prend un terme ici.
Une fois au calme, on pense à l'autre et le rencarde, mais c'est le moment qu'a choisi F pour faire son entrée.
L'autre qui refuse le rencard, pour cause de "J'ai tourné la page." et moi, qui ai besoin de faire une dernière cabriole et qui lui souhaite une "Bonne lecture pour la suivante."
Ce qui aurait du me blesser m'a amusée et m'incite à prendre ma carte à la Lutte Ouvrière..."Salauds de patrons !"


Heureusement que tout cela n'arrive pas dans la vraie vie, hein ?

Drôle de mine pour un spleen.

Publié le 18/08/2008 à 12:00 par pahcommelesautres
Lorsqu'on est en plein spleen (Tu permets que je t'emprunte l'expression...),
l'idéal (...Charles ?) est bizarrement de se sentir le mieux possible dans cet état.
Une musique doucement entêtante, la position la plus confortable sur le lit et le malheur des autres qui défilent sur les pages d'un magazine - qui n'est pas le féminin de magasin, au passage - avec la même supplique "Élise, que dois-je faire ? Je n'en peux plus ! Aidez-moi !" La conseillère s'appelle Élise, elle s'appelle Élise depuis les 40 ans que le magazine existe. Elle doit sans doute sa longévité à l'absorption des problèmes des autres, elle doit s'en nourrir, je ne vois pas d'autres explications. Élise, c'est doux comme prénom, Élise aide les gens enlisés...il suffit d'une lettre à Élise.
Mais voilà, le téléphone sonne. Une sonnerie qui froisse vos oreilles, deux, trois, personne pour décrocher ? quatre, quatre et demi...enfin ! torture qui prend fin.
Je n'entends pas le "allô ?" coutumier, a contrario j'entends tout le silence qui suit. Lourd de mots. Je comprends, il n'y a pas de doutes possibles. Plus qu'à attendre les pas pesants dans le couloir, tout n'est qu'une question de minutes. Allez, j'ai encore le temps de lire une jérémiade avant que le couperet tombe.
Alors Élise, que nous racontes-tu cette fois ? Que cette pauvre Natacha, alcoolique depuis le divorce d'avec son mari, n'a qu'à aller se faire désintoxiquer. Ah, Élise...tu es prodigieuse ! Rien que pour ta belle plume, je continuerai à te lire.
La porte s'ouvre, j'avais déjà les yeux rivés dessus, le visage déjà livide apparaît, je le regarde implacablement. N'ouvre pas la bouche, épargne-toi ce moment douloureux ! Elle s'entrouvre malgré ma demande muette, cherche de l'air pour articuler, n'y arrivant pas, renonce. "Je sais." Malgré moi, ma main a froissé le magazine, la porte s'est refermée.
La tête est tombée à cause d'une pancréatite. Garde ta tête, Natacha...
Élise est violemment projetée à travers la pièce et achève sa chute sur les Alcools d'Apollinaire.
Dans d'autres circonstances, j'aurai esquissé un sourire, mais là, mes larmes ont pris le dessus.

M'histoire louche.

Publié le 12/08/2008 à 12:00 par pahcommelesautres
M'histoire louche.
Aucune trace ou si peu.
Une fine traînée rouge, mais c'est normal quand on meurt.
Ce n'était pas beau à voir ; il n'y a que les artistes qui font de leur cadavre une oeuvre d'art. Je suis plutôt quelqu'un de banal, alors oui, la dernière vision qu'on a de moi est moche. J'étais démembré. Après tout, ça n'avait plus d'importance. Ni amis, ni famille ne réclameraient mon corps. Un corps vivant a de l'utilité, mais un corps mort, en quoi est-ce utile, dîtes-moi ?
J'étais peut-être banal, mais ma mort ne l'était pas. Une mort brutale, ce que l'on appelle plus communément un assassinat, un meurtre, vous saisissez l'idée.
In the wrong place at the wrong time.
Les gens comme moi sortent de leur banalité ambiante grâce à cela. De là à remercier ma destinée de m'avoir placé sur le chemin d'un tueur, faut pas abuser.
Des bruits de pas, peut-être va-t-on découvrir mon corps, peut-être pas.
Qu'est-ce que je souhaite finalement ? Rien, advienne que pourra.
J'ai vécu des moments. "J'ai vécu ma vie" m'apparaît comme redondant, et puis une vie est délimitée par la naissance et la mort ; ma mort est un assassinat, alors non, je n'ai eu le droit qu'à une demie-vie.
Je n'ai pas vu mon meurtrier, vous savez. Ces sadiques reviennent toujours sur les lieux de leur crime crapuleux, c'est un fait.
Mieux, une certitude.
Il est là. Les pas entendus sont les siens.
Je veux encore rester un peu pour le voir ; la curiosité ne s'estompe pas une fois mort.
Il soulève ce qui m'écrasait...Lumière aveuglante.
Lui aussi d'ailleurs, tout vêtu de blanc qu'il est.
Je ne vois que du blanc, alors forcément tout devient clair et je comprends enfin...

Une mouche noire sur une assiette blanche, ça se remarque pourtant, non ?
Lui ne m'a pas remarqué.
Le cuisinier était trop occupé à empiler ses assiettes.

Mince, un texte intimiste.

Publié le 22/07/2008 à 12:00 par pahcommelesautres
Je ne t'aime plus mon amour
Je ne t'aime plus tous les jours
(...)
Parfois j'aimerais mourir tellement y a plus d'espoir
Parfois j'aimerais mourir pour plus jamais te revoir
Parfois j'aimerais mourir pour ne plus rien savoir

Je ne t'aime plus (album Clandestino) - Manu Chao





Le manque est, malgré ce que l'on peut superficiellement en dire, toujours cruel.
Surtout aux heures sombres. Les heures sombres du jour, une vraie expression poétique, non ?
Ainsi donc on se jure fidélité, malheureusement celle-ci n'a pas de carte et se perd...plus que facilement.
Alors, en plus d'être dans de beaux draps, nous voici plongés dans d'autres draps, surtout.
Pas au début, bien sûr. Au début, deux contre le monde entier est une idée qui nous suffit et nous apaise furieusement. Ensuite, le temps de l'étouffement, on cherche l'air qui nous manque, ailleurs. L'air est toujours plus vert chez les autres.
Mais finalement, le plus vert que vert ne nous convient pas, on préfère de loin son vert défraîchi, qu'on connaît si bien. Alors, on revient, comme si de rien n'était. Personne n'est là pour dire ce qui a été, d'ailleurs. On se retrouve, on se demande pourquoi on s'est dispersé (c'est joliment dit - je commente si je veux !) et surtout on se jure qu'on ne recommencera plus, tellement on est bien tous les deux. Et à nouveau, on déserte, mais on n'arrive pas à aussi bien dormir avec l'autre. On n'y est pas habitué. On bouge, rebouge, pendant qu'il grince. On se sermonne de ne plus jamais recommencer et de rester fidèle. À bout, submergé de fatigue, on revient. Allez, cette fois-ci, je ne te quitte plus. Après tout, on ne fait qu'un, pour preuve, tu fais même partie de mon prénom.







Mon lit est un amant des plus fidèles...


Des chiffres et des lettres d'adieux.

Publié le 09/05/2008 à 12:00 par pahcommelesautres
Les gens amoureux se sentent systématiquement obligés de faire le compte et le décompte.



Le compte des jours, souviens-toi du tout premier ! Tu n'arrêtais pas de rire, alcool aidant, et j'étais au moins à mon troisième paquet de clopes quand tu t'es approché pour me dire... Tu m'avais dit quoi déjà ? Fichue mémoire, ça n'a plus vraiment d'importance puisqu'on est tellement heureux maintenant ! Tu sais qu'aujourd'hui, c'est une journée particulière ?
Ah non ! Me fais pas ce coup-là ! T'as pas oublié quand même ! Bon, c'est pas très grave, je vais te le dire. Mais non, c'est pas mon anniversaire, ni ma fête, arrête de réfléchir maintenant ! Pour être franche, ça m'attriste quand même que tu aies oublié...à croire que tu t'en fous de moi ! Aujourd'hui, c'était nos cinq millions trois cent cinquante-six mille huit-cents secondes. Je ne saisis pas bien pourquoi les gens ne parlent qu'en jours pour calculer la durée d'une relation, ils s'aiment pas ou quoi ? Les secondes, c'est tellement plus...grandiose ! C'est vraiment l'une des preuves qu'on s'aime, tu crois pas ? Comment ça, tu trouves que c'est bête ? Ah oui...tu as raison, je n'y avais pas pensé. On n'a pas passé tout ce temps là ensemble et c'est difficile de calculer le temps passé vraiment ensemble lorsqu'on compte en secondes. Mais tu sais, si je fais vraiment le compte et que je dis qu'on a passé 5 jours ensemble, c'est pas très glorieux. C'est tellement minuscule... Je suis navrée, mais je préfère de loin mes secondes ! Toutes ces secondes, c'est formidable, non ? Et puis, 5 jours, ça fait quand même 432 000 secondes et moi, ça me rassure. C'est parce que t'as trouvé les secondes interminables que tu préfères parler en jours ? Ah, je suis soulagée ! J'avais peur qu'on ne soit plus sur la même longueur d'onde après tout ce temps. Tiens, et si on calculait notre longueur d'onde ? Tu l'évaluerais à combien, toi ? Après tout, c'est toi le physicien, fais un effort ! Mais s'il te plaît, fais que ça tombe sur le violet, j'aime bien le violet, moi. Ah ? C'est pas violet mais ultra-violet ? C'est encore mieux l'ultra, je dirai même que c'est extra ! Tu me connais vraiment bien, tu as vraiment l'art de tout transformer pour me faire plaisir. Tu vois que j'ai raison ! Remercie les secondes, toi aussi ! C'est grâce à elles, j'en suis persuadée ! Tu dois partir, déjà ? Combien de temps ? Ah...c'est long. Tu vas me manquer. Horriblement. J'en ai déjà le coeur noué. Dis pas que ça va passer vite, ça passe jamais vite ! Je le sais ! À chaque fois, tu dis ça. On se revoit une poignée de secondes et tu repars. D'accord, je me calme. Je prendrai sur moi en comptant soigneusement les jours qui nous séparent. J-38.
Pourquoi je parle en jours ? Tout simplement parce que ça passe plus vite, mon amour ! La prochaine fois qu'on se verra, ça sera déjà nos ... huit millions six cent quarante milles secondes ! On le fêtera comme il se doit, promis !
À très vite pour qu'on puisse fêter ce bonheur intemporel !


Et puis, pour respecter le titre du billet, la lettre d'adieu serait quelque chose comme :
Heureusement que je ne comptais qu'en secondes, ç'a au moins l'avantage de me faire croire que je n'ai pas perdu autant de temps que ça avec un minable de ton genre ! Adieu.